Comment savoir si un chantier a vraiment été rentable ?
Un artisan m’a résumé le problème en une phrase : « j’ai du travail toute l’année et je ne gagne rien ». Neuf fois sur dix, l’explication tient dans la façon dont il calcule la rentabilité de ses chantiers.
Le calcul que tout le monde fait — et pourquoi il est faux
On prend le montant facturé, on retire les factures de matériaux, et on appelle le reste « la marge ». Sauf que ce reste doit encore payer votre temps, votre camion, votre assurance, votre comptable et vos heures passées au bureau. Ce n’est pas une marge : c’est ce qu’il reste avant de commencer à payer l’entreprise.
Ce qu’il faut compter
- Le déboursé sec : matériaux et fournitures ;
- la sous-traitance, s’il y en a ;
- votre main-d’œuvre à son coût de revient — pas à votre prix de vente ;
- les déplacements, aller-retours chez le fournisseur compris ;
- les frais annexes : location de matériel, benne, stationnement.
Un exemple qui parle
Un chantier facturé 3 200 € avec 1 400 € de matériaux semble rapporter 1 800 €. Comptez 55 heures à 35 € de coût de revient et 120 km de trajets : le chantier est en réalité en perte de près de 200 €. L’heure n’aura rapporté que 31 €, soit moins qu’elle ne coûte.
Les heures qu’on ne compte jamais
Les allers-retours chez le fournisseur, le temps passé sur le devis — y compris pour les chantiers non signés —, les reprises après réception, le nettoyage, l’évacuation des gravats, les relances du client. Elles sont payées par votre marge, qu’on les compte ou non.
Faites le test sur votre dernier chantier
Prenez le dernier chantier terminé et passez-le dans notre calculateur de rentabilité : vous saurez en une minute ce qu’il vous a réellement rapporté, et ce qu’il aurait fallu facturer. Si vous ne connaissez pas votre coût horaire, commencez par le calcul du taux horaire.