Faut-il acheter ou louer son matériel quand on est artisan ?
C’est une question qui revient à chaque devis un peu ambitieux : on hésite à investir, on regarde le prix affiché, et on décide au feeling. Il existe pourtant une règle simple.
La question qui tranche : combien de jours par an ?
Comptez honnêtement le nombre de jours où le matériel tournera réellement. En dessous d’une trentaine de jours par an, la location est presque toujours gagnante : vous ne payez rien quand vous ne l’utilisez pas, et l’entretien comme les pannes ne sont pas votre problème. Au-delà, l’achat devient défendable.
Comparer ce qui est comparable
L’erreur classique est de comparer le prix d’achat au prix d’une journée de location. Ce qu’il faut comparer, c’est le coût annuel complet de la possession :
- les mensualités du prêt, assurance emprunteur comprise ;
- les frais de dossier de la banque ;
- l’entretien, les pièces d’usure, le contrôle périodique ;
- l’assurance du matériel ;
- le carburant ou l’énergie ;
- le remisage, et le temps d’immobilisation quand il tombe en panne.
Ne confondez pas mensualité et amortissement
Ce sont deux choses différentes, et la confusion coûte cher en trésorerie. La mensualité est de l’argent qui quitte votre compte chaque mois. L’amortissement est une écriture comptable qui étale le coût sur la durée d’usage : aucune sortie d’argent. Un matériel peut être amorti sur cinq ans et remboursé sur trois : pendant deux ans, votre trésorerie souffre alors que votre comptabilité paraît saine.
Le vrai critère de décision
Un matériel n’est pas « cher » ou « pas cher » : il se paie tout seul, ou il ne se paie pas. La bonne question est de savoir quel chiffre d’affaires supplémentaire il vous permet de produire chaque année, et de le comparer à son coût annuel complet.
Chiffrez avant de signer
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